Quelles demandes enseigner en premier ?

livre

Comme dans cet article, j’ai choisi aujourd’hui de vous traduire un passage de Teaching Language to children with autism or other developmental disabilities que j’ai trouvé particulièrement intéressant pour ma pratique. Il s’agit de la p. 81-82, qui traite des éléments à considérer lorsque l’on choisit les premiers mots à enseigner en tant que demandes. Vous pouvez également consulter les articles sur les demandes ici et ici.

– Sélectionner les mots qui désignent les renforçateurs (pour lesquels la motivation existe), particulièrement pour les renforçateurs dont l’adulte peut contrôler l’accès et a la possibilité d’utiliser ces items comme renforçateurs :

* les renforçateurs consommables (nourriture, boisson)

* les renforçateurs que l’on peut facilement donner pour une courte durée (bulles, chatouilles), les renforçateurs qui sont assez faciles à retirer de l’enfant (musique, vidéo)

* les renforçateurs qui sont faciles à donner (livre, voiture, poupée)

* les renforçateurs qui peuvent être donnés plusieurs fois (petits bonbons, gorgées de jus)

* les renforçateurs qui semblent être toujours puissants (jouets sensoriels, aller dehors)

Il peut y avoir beaucoup d’items renforçants mais qui sont difficiles à utiliser dans l’enseignement, comme une promenade en voiture, en vélo, à pied, un jeu de société, des longs films, du chewing-gum, des bonbons durs, un bol de glace. Ces items peuvent toujours être utilisés comme renforçateurs, mais peut-être plutôt pour renforcer une réponse de très bonne qualité ou à la fin d’une session de travail.

– Sélectionner des mots qui sont déjà familiers à l’enfant, c’est-à-dire qu’il a déjà dans son répertoire de compétences réceptives, échoïques ou imitatives. Par exemple, si le parent dit « tu veux aller dehors ? », l’enfant se dirige vers la porte.

– Pour les enfants verbaux, sélectionner des mots qui proposent une réponse courte et facile à faire pour l’enfant. Par exemple, certains sons sont plus faciles à produire que d’autres. Des sons comme « aa », « ba », « mm » et « da » sont assez faciles, alors que « la » et « rr » sont plus difficiles. Aussi, les mots devraient être choisis car ils correspondent au répertoire d’imitation vocale de l’enfant.

– Pour les enfants qui signent,  choisir des mots dont les signes sont iconiques, c’est-à-dire que le signe ressemble à l’objet qu’il désigne. Par exemple, le signe « livre » ressemble à l’action d’ouvrir un livre, et le signe « manger » ressemble au fait de mettre quelque chose dans sa bouche. Aussi, les signes devraient être choisis car ils correspondent au répertoire d’imitation motrice de l’enfant.

– Sélectionner des mots qui sont significatifs et pertinents pour l’enfant dans sa vie quotidienne. Il s’agit des items que l’enfant voit ou utilise fréquemment dans ses activités de la vie quotidienne. Il est aussi préférable d’utiliser des items qui constituent des stimuli stables et clairement identifiés, c’est-à-dire que le nom de l’item est le même dans toutes les variations de l’item (par exemple une balle), et que tous les adultes sont d’accord sur le nom à utiliser. Les mots choisis doivent faire partie des mots qui apparaissent fréquemment dans l’environnement quotidien de l’enfant (par exemple « manger » est certainement entendu plus souvent que « éléphant »).

– Sélectionner un ensemble de mots qui pourront être associés à une variété de sources de motivation. Par exemple, ne pas sélectionner que des aliments pour les premiers mots ou signes, car la progression s’arrêtera si l’enfant n’a pas faim. Sélectionner des mots pour une variété de sources de motivation (nourriture, jouets, vidéos, jeux physiques).

– Eviter de sélectionner des mots ou des signes qui se ressemblent au niveau sonore ou moteur. Ce sera beaucoup plus difficile pour l’enfant de différencier des formes de réponses proches (par exemple ne pas choisir les signes « manger » et « boire » comme premiers signes car ils se ressemblent beaucoup).

– Eviter les mots et les signes qui peuvent avoir une histoire négative ou avertie pour l’enfant (par exemple lit, toilettes, non).

2 Commentaires

  • Glover
    1 novembre 2015 - 12 h 56 min | Permalien

    Bonjour Charlotte,
    et vous n’auriez pas envie de traduire toutl’ouvrage? Histoire de rendre plus rapidement accessible à plus de professionnels et de parents des informations, des connaissances tres importantes et encore ignorées dans l’ensemble en France?

    Bonne continuation et à bientot.
    Marie Glover

    • admin
      1 novembre 2015 - 18 h 17 min | Permalien

      Bonjour Marie, si j’avais le temps :-) mais c’est quand même un gros travail, et je ne suis pas sûre que mes compétences en anglais soient à la hauteur !

  • Laisser un commentaire