Présence de l’accompagnant pendant les séances d’orthophonie

Lorsque je reçois des patients porteurs de TED, ils peuvent être accompagnés par différentes personnes :

– leurs parents

– leur AVS

– leur accompagnant psycho-éducatif (dans le cadre d’une prise en charge éducative intensive)

– leur psychologue (par exemple superviseur des APE)

– leur nourrice/baby-sitter

– un autre membre de la famille

– …

Quelle que soit la personne, je lui propose si cela est accepté par le patient et les parents d’assister à la séance d’orthophonie, et de participer.

accompagner

  • Comment ?

A part pour les évaluations, j’invite les personnes qui gravitent autour de l’enfant à venir dans le bureau pour le temps de la séance si cela ne perturbe pas l’enfant.

Je ne force pas bien sûr à prendre part aux activités, il peut s’agir seulement d’observations et d’échanges.

Il peut également être intéressant de bénéficier de la présence d’un tiers pour la mise en place du PECS, où une personne tient le rôle d’incitateur physique et guide les gestes de l’enfant. On peut ensuite échanger les rôles (l’accompagnant devient l’interlocuteur et je suis le facilitateur) afin de bien comprendre le système du PECS pour pouvoir l’utiliser dans tous les lieux de vie de l’enfant.

  • Pourquoi ?

La guidance des intervenants, et notamment des parents, est indispensable dans le cadre des TED. Souvent le fait d’assister à la séance et de voir concrètement ce que je fais permet d’engager une conversation.

Avec les professionnels qui interviennent dans le quotidien éducatif et therapeutique de l’enfant (APE, AVS, psychologue), nous échangeons sur les objectifs prioritaires, les généralisations, les comportements à problème du moment, afin de trouver ensemble des solutions adaptées. L’important est que nous puissions travailler dans le même esprit, avec les mêmes méthodes, pour tous apporter les mêmes réponses à un comportement donné.

Avec les personnes non professionnelles (parents, nourrice, membre de la famille), il s’agit davantage de les « former » à l’attitude à avoir, par exemple la mise en place des guidances, des renforçateurs, la manière de communiquer, de susciter les demandes.

D’une manière générale, il me semble que c’est grâce aux échanges avec les intervenants que l’on peut avancer.

  • Autres cas

S’il n’est pas possible que l’accompagnant assiste à la séance (refus de l’enfant, séance rendue très difficile…), je prends du temps après la séance pour expliquer ce que nous avons fait, les compétences travaillées, les comportements observés. C’est là encore un moment d’échange : il ne s’agit pas de dire « c’est comme ça qu’il faut faire », mais véritablement de confronter nos expériences et nos points de vue, qui sont différents selon les intervenants.

De la même façon, si ce ne sont pas les parents qui accompagnent leur enfant aux séances, nous essayons de nous contacter régulièrement par téléphone, mail ou rendez-vous en dehors de la présence de l’enfant pour faire le point sur la prise en charge. J’essaie également d’échanger le plus possible avec les autres intervenants (enseignant, psychologue, psychomotricien, médecin) et d’assister aux équipes de suivi de scolarisation.

Les entrevues ou réunions physiques et téléphoniques, qui se déroulent hors de la séance avec l’enfant, ne sont pas prévues à la nomenclature des actes d’orthophonie : l’orthophoniste prend sur son temps libre ou annule des séances d’autres patients, et n’est pas rémunéré pour ces réunions.

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