Orthophonie et ABA

ABA

  • Introduction

Presque dès que j’ai commencé à prendre en charge des patients porteurs de TSA, je me suis formée à l’ABA. Je ne peux donc pas dire que mes connaissances en ABA ont changé mes prises en charge car j’ai toujours utilisé l’analyse appliquée du comportement. Mais au fur et à mesure que je continue à me former, à acquérir de l’expérience avec des patients aux profils différents, je me rends compte que cela me correspond parfaitement. C’est structuré et logique comme j’aime, je sais où je vais et comment y aller. Et en même temps ce n’est pas rigide, c’est pour moi un guide qui me permet de mieux observer mes patients et de savoir davantage de quoi ils ont besoin, et comment leur enseigner.

  • Mes formations

« Analyse Béhaviorale Appliquée à l’éducation de la personne avec autisme » : stage F24 chez EDI, de 5 jours (35 heures), dispensé par Stéphanie DELAIRE-LAMOUR, psychologue.  J’en avais fait un compte-rendu ici.

« ABA-PLAY » : formation de 2 ans, à raison d’un samedi par mois, dispensée par Caroline PETERS, analyste du comportement néerlandaise.

« Introduction aux principes et techniques de l’ABA et aux outils pédagogiques adaptés Learn Enjoy » : formation de 2 jours, dispensée par Diane Fraser, BCBA-D. J’en avais fait un compte-rendu ici.

Ensuite je lis des ouvrages (en français mais surtout en anglais), des articles sur Internet, et j’échange avec mes collègues psychologues et éducatrices formées elles-aussi à l’ABA.

  • Renforcement

Comme je le décris ici, l’ABA m’aide à gérer mes stratégies de renforcement. Je sais davantage observer mes patients et questionner leur entourage pour savoir ce qu’ils aiment, je sais quand renforcer un comportement pour qu’il augmente, et quand ne pas renforcer pour que le comportement disparaisse. J’ai appris les différents types de renforcement, je les dose selon la situation et le patient.

  • Guidances

La gestion des guidances est également un domaine dans lequel l’ABA m’a beaucoup aidée. Il est important dans notre pratique de savoir donner la bonne guidance au bon moment, de réduire ses guidances verbales quand elles ne sont pas nécessaires, de pouvoir estomper la guidance avant que le patient n’en devienne dépendant. Il faut pouvoir contrôler l’aide que l’on apporte, pour obtenir une meilleure spontanéité du patient et des prises d’initiative satisfaisantes.

  • Apprentissages

L’ABA m’aide à enseigner de nouvelles compétences à mes patients. J’accorde davantage d’attention à la façon dont je peux rendre une tâche plus facile pour qu’elle soit faite en autonomie, trouver le bon moment pour augmenter les difficultés (ni trop tôt ni trop tard). J’ai appris à segmenter les compétences à enseigner, à fixer des objectifs très progressifs.

Les techniques de façonnement et de chaînage sont également très utiles, et permettent d’enseigner de façon naturelle.

  • Analyse fonctionnelle

Je ne suis bien sûr pas analyste du comportement, néanmoins j’essaie de repérer les contingences pour pouvoir agir sur l’environnement, la situation, la motivation de mon patient et ainsi modifier ses comportements. Au sein de mes séances, mais également de temps en temps pour des comportements apparaissant à la maison ou à domicile, je guide les parents pour qu’ils analysent ce qui se passent avant et après le comportement, et qu’ils essaient de trouver la fonction de ce comportement.

Je rappelle ici les 4 fonctions que peut avoir un comportement :

– obtenir quelque chose (un objet, une activité, de l’attention)

– éviter quelque chose (une tâche, une activité)

– médical (douleur)

– autostimulation (beaucoup plus rare qu’on ne le pense)

  • Conclusion

Je ne saurais envisager ces prises en charge sans les outils de l’analyse du comportement dont je dispose et que j’utilise au quotidien. Comme je l’ai déjà dit ici, l’ABA n’est pas une « méthode » éducative ou rééducative, c’est une science qui permet de comprendre comment sont régis les comportements humains, et est applicable à tout le monde, et pas seulement dans le cadre de la prise en charge des personnes avec TSA.

Y être formé, c’est pouvoir comprendre les comportements, les situations, et pouvoir agir dessus en connaissance de cause.

Comme dit Olivier Bourgueil, « l’ABA ne dit pas quoi faire, l’ABA dit comment le faire ».

Laisser un commentaire