Mon bureau pour recevoir des patients avec autisme

Vous le savez, je reçois beaucoup de patients porteurs d’autisme et d’autres handicaps. Actuellement ils sont âgés de 18 mois à 19 ans. J’ai progressivement aménagé mon bureau pour pouvoir les accueillir et travailler dans les conditions qui me conviennent, selon ma pratique. Je reçois souvent de votre part des demandes de conseils par rapport à l’aménagement du cabinet d’orthophonie, voici donc un petit article à ce sujet. Comme d’habitude, il n’y a pas de « bonne façon » de faire, c’est juste la mienne et ce qui me convient !

plan bureau

  • Les différents espaces

J’ai la chance d’avoir un bureau d’environ 18m2, j’ai donc pu créer plusieurs « espaces ».

– un grand bureau : je peux y recevoir les parents, travailler à table avec les plus grands, y mettre mon ordinateur, étaler plein de playmobils, jouer à des jeux de plateau. Bref, j’aime avoir de la place !

– une petite table basse : pour les enfants plus petits lorsqu’on se met à la table. J’aime aussi avoir 2 tables, cela peut être pratique par exemple pour les jeux de rôle (un bureau pour le maître, un bureau pour l’élève quand on joue à la classe).

– un espace « vide » : c’est là où je suis le plus finalement. On peut y construire un circuit de train, jouer au fou volant (j’adore ce jeu mais il prend de la place), fabriquer des tours de kaplas, courir, jouer à 1,2,3 soleil, etc. Je travaille très souvent debout ou assise par terre (le sol est en parquet et il y a 3 tapis).

– un espace « tapis-coussins » : on peut s’y asseoir pour regarder un livre par exemple.

  • Les rangements

J’ai choisi d’avoir des rangements ouverts, qui sont des bibliothèques. Tout le matériel est à vue. Je sais que certains collègues préfèrent des rangements fermés, respectant le principe de sobriété visuelle. Mais ce n’est pas ma manière de travailler. Notamment pour les enfants pour lesquels le travail des demandes est prioritaire, j’aime qu’ils aient le matériel sous les yeux. Je peux ainsi les observer, observer ce qu’ils regardent, ils peuvent se servir. Etant donné que je pars de la motivation de l’enfant, je ne choisis pas la plupart du temps à l’avance le matériel que je vais utiliser pendant ma séance pour ces enfants. Cela favorise l’initiative et la spontanéité. Pour les autres, qui savent bien formuler des demandes, cela leur permet également de diversifier leurs centres d’intérêt, ils ont envie de tester de nouveaux jeux. Nous les détournons alors souvent pour travailler ce dont ils ont besoin.

J’ai également la possibilité de mettre des objets en haut des étagères, à portée d’oeil mais pas de main, ce qui peut être très utile !

  • Les supports visuels

Il peut être intéressant, pour certains patients, d’avoir quelques supports visuels à utiliser en séance. Je ne suis pas pour le « tout visuel » car cela reste une béquille, il faut aussi apprendre aux enfants à s’en détacher pour pouvoir écouter les consignes verbales.

– un time timer, à utiliser seulement si besoin et à estomper

– un emploi du temps de séance : en photo ou à l’écrit. Mais dès que les patients en sont capables, je dis à l’oral ce que l’on va faire, voire mieux je ne dis rien, pour travailler sur l’imprévu

– un classeur de photos de mon matériel, pour les patients qui utilisent le PECS® pour s’exprimer. Soit je leur laisse le classeur entier, soit je mets quelques photos dans leur classeur personnel.

  • Le reste du cabinet

Je mets aussi très souvent à profit le reste du cabinet. Je le partage avec mon associée, orthophoniste, qui a son bureau. Nous avons également une salle d’attente, une cuisine et une salle de bains, ainsi qu’un couloir dans l’entrée (il s’agit d’un appartement). Quand je suis seule dans le cabinet, nous pouvons jouer à cache-cache (il y a plein de très bonnes cachettes). La cuisine et la salle de bains servent à travailler des compétences fonctionnelles : se laver les mains, faire du thé… Quand mon associée est disponible (ou même des parents en salle d’attente), je peux travailler la généralisation, par exemple pour les demandes. Ou donner des consignes à mon patient faisant intervenir une tierce personne (« demande à Françoise de nous prêter de la colle »).

Si vous voulez les références des meubles demandez-moi, 90% vient d’Ikea :-)

3 Commentaires

  • Hagelstein
    2 décembre 2014 - 12 h 40 min | Permalien

    Super approche pragmatique !
    Fabienne

  • Lucie B.
    29 juillet 2017 - 22 h 30 min | Permalien

    on pourrait avoir une photo de bon bureau stp ? merci pour cet article !

  • Lucie B.
    30 juillet 2017 - 7 h 41 min | Permalien

    Et est-ce que le contre-jour n’est pas gênant ?

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