Mes séances au domicile des patients

L’année dernière, j’ai effectué des séances à domicile pour certains de mes patients avec TSA d’âge compris entre 3 et 7 ans. Pour certains je les voyais une 2ème séance au cabinet, pour d’autres c’était la seule séance de la semaine.

Je vois plusieurs avantages au fait de travailler à domicile, en complément ou non du cabinet.

maison

  • Accompagnement parental

Quand je vais à la maison, c’est aussi (et surtout !) pour pouvoir travailler avec les parents. Même si je fais assister le plus souvent les personnes qui accompagnent les enfants aux séances au cabinet, ce ne sont pas toujours les parents, et le fait d’aller à domicile nous permet de travailler sur des points précis. En effet, certains comportements problèmes n’apparaissent qu’à domicile et il est important de pouvoir les observer directement. Nous pouvons prendre le temps de parler de la mise en place et du développement de la communication très concrètement. Par exemple au moment d’un repas, je peux montrer aux parents comment susciter de nombreuses demandes (en mettant une assiette vide devant l’enfant et en lui donnant seulement de petites portions), comment guider efficacement les demandes (par l’oral, les signes ou les images), comment être rapide, éviter l’installation de comportements problèmes, etc.

Pour moi, c’est l’essence de mon intervention : assister les parents dans leur quotidien pour que la communication se développe avec leur enfant, sans forcément travailler moi-même en direct avec cet enfant. Si je travaille avec l’enfant, c’est pour montrer aux parents comment faire, mais c’est ensuite à eux de le faire.

  • Travail avec la fratrie

J’essaie déjà de travailler avec les frères et soeurs quand ils viennent au cabinet. Je reçois souvent la famille entière dans le bureau (la superficie me le permettant) et nous jouons tous ensemble quand cela est possible. A la maison, c’est aussi le cas. Tout comme je guide les parents à communiquer et à se comporter avec leur enfant avec TSA, je guide la fratrie. Ils sont souvent très contents d’avoir des clés pour jouer avec leur frère/soeur en difficulté, d’avoir à leur tour de l’attention et d’obtenir du renforcement pour leurs efforts ! Jouer avec son frère ou sa soeur avec TSA n’est pas un travail pour eux, c’est normal, mais ce n’est pas facile et il faut le prendre en compte.

  • Travail fonctionnel 

Nous pouvons travailler sur les habiletés sociales et conversationnelles de façon très fonctionnelle : accueillir quelqu’un à la porte, le faire entrer, lui prendre sa veste, lui proposer un rafraîchissement, lui indiquer où il peut s’asseoir, c’est aussi du travail ! Etapes par étapes, guidés par leur parent, les enfants apprennent ces règles sociales naturellement. J’essaie au cabinet de travailler les compétences fonctionnelles au maximum, mais c’est plus facile à la maison. Avec plusieurs enfants nous prenons le goûter par exemple, qui nécessite de nombreuses compétences au niveau de l’autonomie, des gestes du quotidien, et de la communication.

  • NET

Bien sûr, c’est à la maison que nous pouvons faire le plus de NET (Natural Environment Teaching = enseignement dans le milieu naturel). Il devient plus facile de partir de la motivation de l’enfant quand nous nous trouvons chez lui, et surtout de guider les parents à refaire ce que nous faisons car nous sommes dans leur environnement quotidien. J’ai pu également aller au parc, dans la rue, avec toujours cet objectif en tête d’aider la famille à développer la communication à tout moment, de se saisir de chaque instant pour créer des interactions, des demandes, une imitation, une conversation.

  • Travail avec les jouets de la maison

Quand je vais à domicile, je ne prends pas beaucoup de matériel, car comme je le disais je travaille beaucoup à partir de l’environnement naturel. Je montre aux parents comment détourner les jouets de la maison, les objets du quotidien, à la fratrie comment jouer avec les jeux qu’ils ont, comment intéresser leur frère/soeur. C’est ainsi plus facile de se projeter sur ce qu’ils pourront faire après mon départ.

  • Possibilité de rencontrer les autres intervenants

Pour quelques enfants, le fait que je vienne à la maison était aussi l’occasion de croiser d’autres intervenants, la psychomotricienne, la nounou, l’éducateur, et de pouvoir ainsi échanger avec les parents.

Au niveau pratique les séances étaient d’une durée d’une heure, et les domiciles se situent à 10 minutes environ à pied ou en bus les uns des autres.

Comme je le dis très souvent, l’objectif de mon travail en orthophonie est que l’enfant communique dans son milieu, et non qu’il communique avec moi. C’est pourquoi ces interventions à domicile, et de manière générale le travail avec l’entourage, sont si précieux.

2 Commentaires

  • Anabelle GUIBEAUD
    5 juillet 2017 - 18 h 13 min | Permalien

    Bonjour, et merci beaucoup pour ce site auquel j’ai souvent recours! Je me pose des questions sur la prise en charge des patients à domicile : pour une séance d’une heure (ce que j’aimerais bien faire), comment procède t’on quand on est conventionnée? Peut-on exercer qu’à domicile pour les enfants TSA? Est-ce possible de ne pas avoir de cabinet du tout? Merci pour votre réponse. Anabelle

    • admin
      24 août 2017 - 21 h 17 min | Permalien

      Bonjour, la tarification à l’acte permet de voir les patients aussi longtemps que l’on veut, pour une facturation d’un AMO 13,8. Je pense que l’on peut n’exercer qu’à domicile en effet, sans cabinet.

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