Le PECS – partie 2

Remarque : cet article ne remplace en aucun la formation PECS, que je recommande de suivre. Il est seulement destiné à fournir un éclairage sur cet outil.

Voir ici la présentation du PECS, ses principes, ses objectifs et les phases I, II et III.

  • Phase IV

Le but est que la personne demande par une phrase type « je veux » + « objet/activité », grâce à 2 images juxtaposées. On commence ici à utiliser la bande-phrase.

bande phrase

Cette phase nécessite à nouveau la présence d’un incitateur physique, qui diminuera la guidance par l’enchaînement arrière.

La personne apprend d’abord à ajouter l’image de demande à la bande-phrase, où il y a déjà l’image « je veux ». Puis elle apprend à positionner l’image « je veux » en début de bande-phrase, avec l’image de la demande. Enfin, elle apprend à pointer les images pendant que l’interlocuteur lit la demande à haute voix. Si elle en a la capacité la personne « lit » les images elle-même.

A la fin de la phase IV, l’enchaînement est le suivant : aller chercher le classeur, placer l’image « je veux » sur la bande phrase, retirer l’image de l’objet désiré du classeur, placer l’image de l’objet désiré sur la bande-phrase, retirer la bande-phrase et donner la bande-phrase au partenaire de communication en pointant les images une par une (en verbalisant ou en écoutant l’interlocuteur verbaliser).

je veux

  • Les attributs

Cette phase s’enseigne après la phase IV, parallèlement à la phase V. L’objectif est maintenant de faire une bande phrase avec «je veux» «un objet» «un attribut». Un attribut peut être une taille, une couleur, une forme, une texture, une vitesse, une partie du corps…

On enseigne cette nouvelle aptitude par la procédure d’enchaînement arrière. Puis on aborde la discrimination d’attributs par la correction en 4 étapes. On entraîne ensuite à généraliser les attributs avec plusieurs objets, et enfin à utiliser plusieurs attributs dans une phrase : « je veux le gros cube rouge ».

  • Phase V

L’objectif est de réussir à répondre à la question « qu’est-ce que tu veux ? ». C’est un premier pas vers les commentaires et les réponses aux questions plus variées, mais ici la réponse est tangible et amène un renforçateur naturel : l’objet demandé.

On demande à la personne « qu’est-ce que tu veux ? » en désignant la bande phrase simultanément, et on augmente progressivement l’intervalle entre ces 2 actions.

Cet apprentissage de réponse sera rapidement généralisé à de nombreuses situations de la vie quotidienne, mais la personne doit également continuer à pouvoir effectuer des demandes spontanément (cf phase I), et ne pas toujours attendre l’amorce de la question.

  • Phase VI

A l’issue de cette dernière étape, la personne sera capable de répondre aux questions « qu’est-ce que tu veux/vois/entends/as ? » et « qu’est-ce que c’est ? ».

On incite les commentaires en faisant intervenir des événements « particuliers » : nouveauté, changement, surprise. On enseigne les discriminations entre les amorces de phrases, puis la production de commentaires spontanés.

  • Conclusion

Cet apprentissage peut paraître très structuré, mais finalement il reprend assez bien le développement normal du langage oral.

Le petit enfant avec un développement typique va d’abord aller vers une personne, en lui montrant par exemple l’objet de sa demande, ou en s’exprimant par onomatopées (spontanéité : phase I et II). Puis il va commencer à dire des mots isolés pour se faire comprendre (phase III), en augmentant progressivement son vocabulaire. Ensuite il apprend à combiner 2 mots (phase IV), pour enfin se décentrer de ses besoins et ébaucher des commentaires, en réponse à des questions (phase V) puis spontanément (phase VI).

C’est un outil vraiment très intéressant, notamment pour les personnes présentant un TED.

Laisser un commentaire