Le PECS – partie 1

Remarque : cet article ne remplace en aucun cas la formation PECS, que je recommande de suivre. Il est seulement destiné à fournir un éclairage sur cet outil.

  • Qu’est-ce que le PECS ?

pecs3

Cet acronyme signifie « picture exchange communication system », soit « système de communication par échange d’image ». Il a été développé en 1985 dans le cadre d’un programme éducatif proposé à des enfants avec autisme du Delaware (USA) par le Dr Andy Bondy et Lory Frost.

C’est un outil de CAA, qui peut être proposé à toute personne (enfant ou adulte) en difficulté de communication. Il peut être enseigné par des professionnels mais aussi par des parents et peut (doit) être utilisé dans tous les endroits de vie. Il ne nécessite pas de matériel complexe ou onéreux.

  • Les principes du PECS

Cet outil de communication est issu des principes d’enseignement de l’Analyse Appliquée du Comportement. Il utilise les procédures et les méthodologies d’enseignement mises en évidence par les sciences comportementales : guidance, renforcement, estompage, correction d’erreurs…

  • Objectifs du PECS

La caractéristique majeure de l’autisme est le trouble de la communication, qui est aussi souvent à l’origine de troubles du comportement. Le développement de la communication, y compris chez les neurotypiques, commence par l’expression des demandes. Le postulat du PECS est de partir de cette forme d’expression de base pour mettre en place un moyen de communication. Il s’appuie sur un désir réel de la personne pour créer une situation de communication. Les personnes demanderont plus facilement un objet apprécié qu’elles ont envie d’avoir. De plus nous augmentons ainsi les chances d’avoir un comportement adapté car l’objet obtenu est renforçateur du comportement adapté de demande.

Pour mettre en place le PECS, il n’y a normalement pas de pré-requis nécessaires. Au départ, la personne n’a pas besoin de reconnaître une image, ni de faire une association image/objet. Elle n’a pas besoin d’avoir la permanence de l’objet. Elle n’a pas besoin d’un niveau cognitif spécifique. La discrimination d’images n’intervient pas dès le début, on commence par travailler la spontanéité des demandes.

Bien sûr, l’objectif à plus long terme est de pouvoir discriminer entre plusieurs images pour effectuer une demande pertinente. Il pourra donc être intéressant de proposer avant la mise en place du PECS une évaluation du niveau de représentation visuelle (type COMVOOR ici et ici). Les résultats nous indiqueront par exemple quel type de support visuel utiliser pour cette personne, selon ses capacités : photo, image couleur, noir et blanc, pictogramme plus symbolique, avec fond neutre, image mate…

Comme toutes les CAA, le PECS n’empêche pas le développement du langage oral, mais au contraire le facilite.

pecs2

Le PECS comprend 6 phases :

I. Comment communiquer

II. Distance et persistance

III. Discrimination d’images

IV. Structure de la phrase

V. Répondre à la question « que veux-tu ? »

VI. Faire des commentaires

ainsi que les attributs qui se sont enseignés parallèlement à la phase V.

On ne passe pas à la phase suivante si la phase en cours n’est pas totalement acquise et généralisée dans plusieurs contextes, à plusieurs moments, dans plusieurs endroits, avec plusieurs objets et plusieurs interlocuteurs.

  • Phase I

L’objectif est que la personne prenne l’initiative de la communication spontanée. C’est en voyant l’objet de désir qu’elle prendra l’image et la donnera au partenaire de communication. La personne sera ainsi récompensée et renforcée.

Au départ, l’apprentissage nécessite deux adultes : un partenaire de communication (face à la personne) et un incitateur (une aide physique qui ne dit rien et a seulement le rôle de guidance).

La stratégie d’enseignement est l’enchaînement arrière : on guide la réalisation et l’enchaînement de toutes les étapes jusqu’à ce que la dernière soit réalisée correctement, puis on estompe la guidance en partant de la fin du geste.

pecs4

  • Phase II

L’objectif est d’apprendre à la personne à être en permanence en communication pour faire des demandes grâce aux images à des interlocuteurs variés. On cherche également à augmenter la spontanéité.

On introduit dans cette étape le classeur de communication, on augmente progressivement la distance entre la personne, l’interlocuteur et le classeur, et on estompe les incitations complémentaires (regard, environnement, posture).

  • Phase III

On commence la discrimination d’images, afin que la personne fasse un choix entre plusieurs images pour exprimer sa demande d’objet ou d’activité.

On enseigne d’abord à discriminer entre une image d’objet fortement préféré et une image de diversion (objet non aimé ou inutile), puis entre 2 images d’objets aimés. La stratégie est la correction d’erreur en 4 étapes. En cas d’erreurs persistantes, on peut envisager plusieurs aides pour permettre progressivement d’améliorer la discrimination.

A la fin de cette phase, la personne sait choisir parmi toutes ses images celle qui correspond à la demande qu’elle veut effectuer.

pecs

A suivre ici

Laisser un commentaire