La communication améliorée et alternative

  • Qu’est-ce que c’est ?

Imaginez que demain, pour une raison ou une autre, vous soyez privés de la parole ? Comment feriez-vous pour communiquer ? Pour exprimer vos besoins élémentaires, demander des objets, faire des commentaires ?

Faites le test, essayez de transmettre un message à un proche sans parler ou écrire. Il y a fort à parier que vous utiliserez des gestes, conventionnels ou non, des mimes, des dessins plus ou moins symbolisés, que vous montrerez une image ou une photo qui correspond à votre message…

De la même façon, quand nous nous adressons à une personne qui ne comprend pas ou peu, nous utilisons d’autres moyens en plus du langage pour essayer de mieux nous faire comprendre.

Nous utilisons ce que l’on appelle un mode de CAA : communication alternative et améliorée.

« La CAA recouvre tous les moyens humains et matériels permettant de communiquer autrement ou mieux qu’avec les modes habituels et naturels, si ces derniers sont altérés ou absents. Elle vient compenser ou remplacer un manque ou une grande déficience de parole, un défaut de langage impactant la communication, pour la faciliter sous ses deux versants expressifs et réceptifs ». (1)

Je vais vous parler ici uniquement de l’utilisation de modes de CAA avec des personnes porteuses de TED, mais ils sont bien sûr également destinés à toutes les personnes présentant des difficultés de communication liées à des causes diverses (IMC, déficience, AVC, surdité, cécité, dysphasie…).

CAA

  • La CAA en soutien de la compréhension

Même si nous renforçons de façon qualitative et quantitative nos stimulations langagières naturelles (ce qui est indispensable), ce n’est souvent pas suffisant pour améliorer la compréhension auditivo-verbale, domaine particulièrement touché chez les autistes.  Nous devons également pour la plupart d’entre eux avoir recours à des processus d’ajustement étranger à l’interaction naturelle, qui nous offrent une possibilité d’étayage et de renforcement de la compréhension, et qui peuvent ainsi permettre d’atténuer les troubles comportementaux associés.

Ce complément au langage oral peut prendre la forme de gestes, d’images, de pictogrammes… Nous gardons toujours le verbal, auquel nous ajoutons des «aides», des éléments en plus pour améliorer la compréhension. Le but est de favoriser le développement de la compréhension du langage oral par la superposition et la redondance de plusieurs canaux de communication (visuel, gestuel). Le canal visuel renforce le canal auditif, car un circuit d’intégration sensorielle peut fonctionner mieux qu’un autre.

Le niveau de communication améliorée est à adapter à chaque personne porteuse de TED : pour certains ce n’est pas utile tout le temps, pour d’autres si, avec une préférence pour le visuel ou le gestuel, ou les deux. Il faut également adapter le niveau de représentation visuelle (objet, photo, picto) en fonction de ses capacités. Pour nous faire comprendre, nous devons effectuer une simplification plus ou moins importante de notre discours, qui pourra parfois se réduire à un seul mot clé, accompagné de l’augmentation gestuelle et visuelle.

  • La CAA en soutien de l’expression

Pour les personnes non verbales, il paraît indispensable d’essayer de leur proposer un moyen pour communiquer autrement que par les mots. Ici, la CAA a le rôle de restaurer la compétence déficitaire : le langage oral.

Pour les personnes avec peu de langage, la CAA a pour but d’aider à développer et à structurer le langage : acquisition de vocabulaire, structure syntaxique de la phrase, emploi de prépositions, d’articles, …

La CAA peut également faciliter l’accès au langage écrit.

En expression, la CAA peut alors prendre différentes formes :

– classeur de communication avec des photos/images/pictogrammes (en fonction des capacités de représentation visuelle) à disposition, utilisés avec le système PECS

– tableaux de communication avec des photos/images/pictogrammes/lettres/mots écrits (en fonction des capacités de représentation visuelle) à désigner

– gestes et signes : les gestes sont des mouvements corporels naturels, propre à chacun ; tandis que les signes sont conventionnels et ont valeur de code, au même titre que les mots (signes de la Langue des Signes Française/Makaton, signes Coghamo, signes Sésame, Les Mains Animées)

  • Choix du mode de CAA

Le choix du mode de CAA, notamment pour l’expression, repose sur une évaluation précise des compétences de la personne et des mécanismes de compensation déjà mis en place, ainsi que sur l’inscription dans un projet global d’accompagnement.

L’évaluation comprend une appréciation des capacités cognitives et linguistiques (notamment grâce au bilan orthophonique), ainsi que motrice, mais aussi une prise en compte de l’environnement de la personne, de son lieu de vie, de ses partenaires habituels de communication et de sa demande ou celle de son entourage en terme de communication.

Le mode de CAA est à réajuster souvent en fonction de l’évolution des capacités, de la pathologie et de l’âge. N’hésitez pas à aller lire cet article décrivant un outil d’aide au choix de la CAA.

Lien vers le site ISAAC Francophone (International Society for Augmentative and Alternative Communication)

(1) Communiquer autrement, E. Cataix-Negre, voir ici

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