Archives de la catégorie: Orthophonie et TSA

Les recommandations selon les profils vocaux

Suite à cet article sur les profils vocaux, j’ai également traduit les recommandations spécifiques à chaque profil vocal. Il s’agit également d’un extrait de l’ouvrage Essential for Living de P. McGreevy, T. Fry et C. Cornwall, disponible ici.

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Profil vocal 1 : interactions typiques avec mots oralisés et répétitions contrôlées des mots oralisés

Objectif

Les personnes correspondant à ce profil produisent des mots parlés spontanés et compréhensibles dans des situations au contexte approprié. Ces situations peuvent inclure tout ou partie des exemples suivants : faire des demandes, nommer et décrire des items, des activités, des lieux, des personnes, répondre à des questions, et participer à des conversations. Les personnes correspondant à ce profil produisent également des répétitions de mots parlés contrôlées. L’objectif principal pour ces personnes est d’augmenter leur répertoire de demandes, dénominations et descriptions, et de réponses aux questions dans des contextes fonctionnels, ainsi que de leur enseigner à participer aux conversations.

Plan d’action

Pour atteindre cet objectif, nous devons transférer leurs répétitions contrôlées en demandes, dénominations et descriptions, et transférer ces dénominations et descriptions en réponses aux questions. Ces transferts supposent de choisir ou d’arranger des situations spécifiques et d’utiliser des protocoles d’enseignement (voir ouvrage), qui incluent celles développées par Sandberg et Partington (1998) et Greer et Ross (2007).

Ressources

Impliquer toutes les ressources disponibles pour atteindre l’objectif et s’assurer que tous ceux qui travaillent avec ces personnes connaissent ces protocoles et procédures.

Profil vocal  2 : répétitions contrôlées ou incontrôlées de mots oralisés

Objectif

Le répertoire de mots parlés des personnes correspondant à ce profil consiste essentiellement en répétitions de mots et de phrases incontrôlées mais compréhensibles. L’objectif pour ces personnes est d’acquérir un répertoire de demandes, accompagné de quelques dénominations ou descriptions, tout en acquérant des répétitions contrôlées (c’est-à-dire tendre vers un profil vocal 1).

Plan d’action

Afin d’atteindre cet objectif, nous devons d’abord transférer leurs répétitions incontrôlées en demandes, et ensuite contrôler ces mêmes répétitions incontrôlées en répétitions contrôlées, tout en enseignant des demandes supplémentaires, des dénominations ou des descriptions, et des réponses aux questions. A nouveau, ces transferts supposent de choisir ou d’arranger des situations spécifiques et d’utiliser des protocoles d’enseignement (voir ouvrage), qui incluent celles développées par Sandberg et Partington (1998) et Greer et Ross (2007).

Aucun autre protocoles d’enseignement ou procédures ne permettra aux personnes d’atteindre cet objectif.

Ressources

Impliquer toutes les ressources disponibles pour atteindre l’objectif et s’assurer que tous ceux qui travaillent avec ces personnes connaissent ces protocoles et procédures.

Note particulière

De nombreux intervenants, orthophonistes et analystes du comportement ne connaissent pas ces protocoles d’enseignement. Par conséquent, ils ont des difficultés à effectuer ces transferts et peuvent recommander la mise en place d’outils de communication alternative. Cependant, pour ces patients, « dire des mots » devrait presque toujours être choisi et confirmé comme moyen de communication principal.

Profil vocal 3 : mots occasionnels

Objectif

Les personnes correspondant à ce profil produisent un nombre limité de mots parlés et de phrases, qui sont compréhensibles pour des interlocuteurs familiers et non familiers, mais peu fréquemment, irrégulièrement y compris dans les mêmes situations, et rarement comme répétitions de mots parlés. Les écholalies différées ne sont pas produites immédiatement après que la personne a entendu le mot, et ne peuvent donc pas être transférées à des demandes, des dénominations ou descriptions en utilisant les procédures décrites dans le profil vocal 2. Par conséquent, les personnes qui présentent des écholalies différées correspondent au profil vocal 3 et non au profil vocal 2.

L’objectif pour ces personnes est de produire des mots plus fréquemment, ainsi que des répétitions immédiates (c’est-à-dire tendre vers un profil vocal 2). Ces répétitions peuvent ensuite être transférées en demandes spontanées. Si cet objectif n’est pas atteint au bout de 6 mois, il doit être modifié en incluant la mise en place d’un outil de communication alternative, l’enseignement des demandes, la confirmation de ce choix, et le maintien de cet outil.

Plan d’action

Malheureusement, à moins que les personnes montrent déjà au moins quelques tendances à répéter ce qu’elles entendent, il n’y a pas de moyen efficace et stable de les guider à dire des sons ou des mots. En d’autres termes, il n’y a pas de façon de s’assurer que des sons ou des mots vont apparaître à la suite de guidances. En plus de guidances gestuelles utilisées parfois par les orthophonistes, il y a 3 procédures d’enseignement qui peuvent donner indirectement des sons ou des mots, et parfois également des répétitions :

– récompenser les mots parlés : dans cette procédure, chaque son ou mot est suivi de la distribution immédiate d’un item ou activité préféré.

– pairer et récompenser les demandes avec des mots parlés : dans cette procédure les nouveaux sons et mots sont pairés avec des items et activités préférés. Parfois, ce pairing a pour conséquence l’émergence des sons ou des mots qui commencent rapidement à servir pour des demandes (Yoon et Bennett, 2000 ; Esch, Carr et Michael, 2005 ; Greer et Ross, 2007), qui sont suivies par la distribution de ces items ou activités préférés. Si cela se produit, la 3ème procédure peut être mise en place.

– récompenser des demandes et donner des opportunités pour des répétitions : dans cette procédure, puisque les personnes font des demandes avec leurs « nouveaux sons ou mots », des opportunités de répétitions sont données ; si ces répétitions commencent à apparaître, on fournit aux personnes des quantités supplémentaires d’items demandés ou des temps supplémentaires d’activités demandées.

Ces procédures, qui sont combinées au protocole (voir ouvrage), doivent être réalisées souvent pendant la journée. Parfois ces procédures ont pour conséquence une augmentation des mots parlés, mais également des répétitions.

Si la sélection, la confirmation et le maintien d’un outil de communication alternative est une partie de l’objectif, effectuer les étapes suivantes, décrites dans l’ouvrage : sélectionner un outil de communication alternative, enseigner les demandes et confirmer et maintenir le choix de cet outil.

Ensuite, utiliser le protocole (voir ouvrage) qui inclut l’enseignement des procédures développées par Sandberg et Partington (1998) et Greer et Ross (2007).

Ressources

Nous recommandons fortement d’utiliser les 3 premières procédures exclusivement et intensivement pendant 2-3 mois. Si une augmentation du répertoire et de la fréquence des mots parlés apparaît, continuer d’utiliser ces procédures pendant 2-3 mois supplémentaires. Si des répétitions commencent à apparaître, continuer avec ces procédures. Si des répétitions apparaissent souvent, la personne correspond au profil vocal 2 et la communication par mots parlés devrait être poursuivie en conséquence.

Si la fréquence des mots parlés n’augmente pas après 2-3 mois, choisir un outil de communication alternative et commencer à enseigner des demandes. Continuer à « récompenser des mots parlés », mais utiliser « pairer et récompenser des demandes par mots parlés » et « récompenser les demandes et donner des opportunités pour des répétitions » seulement en utilisant l’outil de communication alternative. En d’autres termes, ne pas abandonner la poursuite d’une communication avec des mots parlés ; simplement passer plus de temps et de ressources à enseigner un outil de communication alternative. Les outils alternatifs, ainsi que les procédures d’enseignement sus-mentionnées, résultent parfois en une augmentation de la fréquence des mots parlés et de l’étendue du répertoire de mots parlés.

Profil vocal 4 : répétitions contrôlées ou incontrôlées de mots incompréhensibles

Objectif

Les personnes correspondant au profil répètent des mots parlés, mais leurs répétitions sont typiquement incompréhensibles, particulièrement quand les interlocuteurs ne sont pas familiers avec la personne ou le contexte. L’objectif pour ces personnes est d’améliorer l’intelligibilité de leurs répétitions (c’est-à-dire tendre vers un profil vocal 2). Si cela ne se produit pas au bout de 6 mois, ou si l’orthophoniste pense que cela ne se produira pas, cet objectif devrait également inclure le choix d’un outil de communication alternative, l’enseignement des demandes, la confirmation de ce choix, et le maintien de cet outil.

Plan d’action

Obtenir les services d’un orthophoniste pour :

– évaluer l’intelligibilité de la personne qui correspond à ce profil

– estimer dans quelle mesure la production de sons et de mots de la personne peut être augmentée avec une intervention orthophonique intensive.

Si la sélection, la confirmation et le maintien d’un outil de communication alternative est une partie de l’objectif, effectuer les étapes suivantes, décrites dans l’ouvrage : sélectionner un outil de communication alternative, enseigner les demandes et confirmer et maintenir le choix de cet outil.

Ressources

Si l’orthophoniste indique que la production de sons et de mots de la personne peut être augmentée de façon significative avec une intervention orthophonique intensive, indépendamment de l’intelligibilité actuelle des répétitions, attribuer toutes les ressources disponibles à une intervention orthophonique intensive des mots parlés et évaluer les progrès au bout de 6 mois. Si le nombre de sons et de mots compréhensibles aux interlocuteurs non familiers augmente de façon significative, continuer d’attribuer toutes les ressources disponibles à l’amélioration de la communication avec de mots parlés. S’il n’y a pas d’amélioration, continuer le travail des mots parlés, mais choisir aussi un moyen de communication alternative, enseigner les demandes, confirmer le choix, et maintenir cet outil. Certaines personnes, qui au départ produisent des répétitions non compréhensibles, montrent une amélioration rapide quand on leur fournir des guidances visuelles, tactiles ou physiques. Cela arrive souvent avec des patterns d’erreurs comme l’omission de la consonne finale.

L’orthophoniste peut indiquer que le répertoire de mots et de sons compréhensibles est très limité, et qu’il se peut que la production de sons et de mots ne s’améliore pas même avec l’intervention orthophonique. Si cela se produit, attribuer la majorité des ressources disponibles à la mise en place d’un outil de communication alternative, enseigner les demandes, confirmer le choix, et maintenir cet outil. Une petite partie des ressources peut toujours être attribuée au travail des mots parlés.

Note particulière

Certaines erreurs phonologiques sont très résistantes aux interventions thérapeutiques. Quand les personnes éprouvent des difficultés phonologiques importantes et que leurs sons et leurs mots ne sont pas compréhensibles, attribuer la majorité des ressources disponibles à améliorer la communication avec des mots parlés peut réduire l’étendue des fonctions de communication utilisées. Il n’est pas inhabituel de voir des personnes, dont la communication a été réduite à quelques demandes à cause de leurs difficultés phonologiques, acquérir rapidement une variété de demandes quand elles utilisent un outil de communication alternative.

Note particulière

Certains orthophonistes utilisent des thérapies de « motricité orale » ou des « praxies » pour traiter les troubles du langage. Cette « thérapie » consiste en des exercices non verbaux (pincer les lèvres de façon répéter ou tenir des petits morceaux de céréales au palais en utilisant la langue) et inclut fréquemment des accessoires (sifflet, paille). Cette forme de « thérapie » cependant s’est révélée inefficace dans l’amélioration du discours dans la littérature scientifique. Les exercices pour améliorer la parole devraient toujours être faits dans le contexte de la parole.

Profil vocal 5 : mots occasionnels incompréhensibles

Objectif

Les personnes qui correspondent à ce profil produisent rarement un nombre limité d’approximations de mots qui ne sont pas compréhensibles par des interlocuteurs non familiers. Dans le but de pouvoir finalement utiliser des mots parlés comme moyen de communication principal, les personnes correspondant à ce profil devraient commencer à :

– produire fréquemment de nombreux sons et approximations de mots

– répéter ces sons et approximations de mots

– produire des mots qui sont compréhensibles par des interlocuteurs non familiers

– répéter des mots compréhensibles

Etant donné l’ampleur de la tâche, nous recommandons fortement que l’objectif pour ces personnes soit de choisir, confirmer et maintenir un outil de communication alternative, et d’utiliser cet outil pour enseigner des demandes. L’objectif peut également inclure « produire des approximations de mots fréquemment » (c’est-à-dire tendre vers un profil vocal 4).

Plan d’action

Choisir, confirmer et maintenir un outil de communication alternative en effectuant les étapes suivantes, décrites dans l’ouvrage : sélectionner un outil de communication alternative, enseigner les demandes et confirmer et maintenir le choix de cet outil. Les procédures du protocole décrit dans l’ouvrage peuvent mener à une augmentation des approximations de mots.

Ressources

Attribuer la majorité des ressources disponibles à la mise en place d’un outil de communication alternative, enseigner les demandes, confirmer le choix, et maintenir cet outil. Les protocoles utilisés pour enseigner les demandes avec un outil de communication alternative garantissent qu’une petite partie des ressources continueront à être attribuées au développement des approximations de mots parlés.

Profil vocal 6 : bruits, sons, syllabes

Objectif

Les personnes qui correspondent à ce profil produisent des bruits, et souvent quelques sons et syllabes de leur langue maternelle. Dans le but de pouvoir finalement utiliser des mots parlés comme moyen de communication principal, les personnes correspondant à ce profil devraient commencer à :

– produire fréquemment de nombreux sons et approximations de mots

– répéter ces sons et approximations de mots

– produire des mots qui sont compréhensibles par des interlocuteurs non familiers

– répéter des mots compréhensibles

Etant donné l’ampleur de la tâche, nous recommandons fortement que l’objectif pour ces personnes soit de choisir, confirmer et maintenir un outil de communication alternative, et d’utiliser cet outil pour enseigner des demandes.

Plan d’action

Choisir, confirmer et maintenir un outil de communication alternative en effectuant les étapes suivantes, décrites dans l’ouvrage : sélectionner un outil de communication alternative, enseigner les demandes et confirmer et maintenir le choix de cet outil. Les procédures du protocole décrit dans l’ouvrage peuvent mener à une augmentation des approximations de mots.

Ressources

Attribuer la majorité des ressources disponibles à la mise en place d’un outil de communication alternative, enseigner les demandes, confirmer le choix, et maintenir cet outil. Les protocoles utilisés pour enseigner les demandes avec un outil de communication alternative garantissent qu’une petite partie des ressources continueront à être attribuées au développement des approximations de mots parlés.

Message sur la poursuite de l’outil de communication alternative

Tous les enfants et adultes avec handicap, qui, après une période de temps raisonnable, ne sont pas parvenus au profil 1 ou 2, devraient bénéficier d’un outil de communication alternative dès que possible. De nombreux enfants avec des difficultés modérées à sévères, même s’ils ont profité d’une intervention intensive et précoce incluant les procédures précédemment décrites, devront se voir proposer un outil de communication alternative toute leur vie.

Il est important de rappeler que, même si en tant que parents, éducateur, soignant, vous souhaitez ardemment que la personne puisse « dire des mots » comme moyen de communication, cela n’arrivera pas simplement parce qu’on choisit cet outil, que l’on répète les mots encore et encore (« Tommy, dis ballon »), et qu’on fournisse des opportunités de dire des mots (« Tommy, dis moi ce que tu veux »). Nous connaissons beaucoup de familles et de professionnels qui ont fait ça, et qui ont finalement été contraints de choisir un outil alternatif.

Il existe depuis longtemps un mythe selon lequel les outils alternatifs comme les signes ou les images rende difficile pour les enfants et les adultes de commencer à dire des mots. CE N’EST QU’UN MYTHE… La littérature scientifique encourage l’utilisation d’outils alternatifs et suggèrent que ces outils, quand ils sont accompagnés des procédures incluses dans les procédures décrites dans ce manuel, peuvent parfois aboutir à l’émergence de « mots parlés ». En fait, il existe des preuves pour suggérer que l’enseignement d’un outil de communication non vocale peut davantage mener à une communication vocale qu’un entraînement direct de communication vocale.

Les profils vocaux

Je les avais rapidement évoqués dans cet article. Je vais aujourd’hui vous livrer un extrait traduit de l’ouvrage « Essential for Living », de P. MacGreevy, T. Fry et C. Cornwall, qui est disponible ici, et qui explique davantage les caractéristiques des profils. Il se trouve p. 47-48. Sélectionner, confirmer et maintenir un moyen de communication Quand lire la suite »

Orthophonie et ABA

Introduction Presque dès que j’ai commencé à prendre en charge des patients porteurs de TSA, je me suis formée à l’ABA. Je ne peux donc pas dire que mes connaissances en ABA ont changé mes prises en charge car j’ai toujours utilisé l’analyse appliquée du comportement. Mais au fur et à mesure que je continue lire la suite »

Le façonnement

  • Définition

Le façonnement (ou shaping en anglais) est une technique issue de l’analyse appliquée du comportement. Il s’agit de façonner, de modeler un comportement, en renforçant les approximations successives du comportement cible. Les « approximations successives » sont des étapes qui s’approchent progressivement du comportement que l’on cherche à enseigner.

Ainsi, au lieu d’attendre que le comportement souhaité apparaisse, et le renforcer à ce moment-là, on va renforcer les comportements qui s’en approchent, jusqu’à obtenir le comportement que l’on veut voir apparaître.

Vous souvenez-vous ? Un comportement suivi de quelque chose d’agréable a tendance à augmenter en fréquence ou se maintenir, un comportement suivi de quelque chose de désagréable diminue en fréquence, voire disparaît !

Pour mieux comprendre voici 3 exemples.

  • Exemple 1

Pour commencer, un exemple tiré de notre vie de personne sans autisme, pour vous montrer une fois de plus que l’analyse du comportement s’applique à chaque être humain, et qu’une technique comme le façonnement a déjà contribué dans notre vie à modeler notre comportement et à nous faire acquérir des compétences.

Le comportement cible est « savoir dessiner un cercle ».

Rappelez-vous… Nos premières années, nos premières expériences de graphisme, l’enfant petit dessine un rond, il n’est pas fermé, pas très rond, le trait est hésitant, mais la maman est ravie « bravo mon chéri ! quel joli rond tu as dessiné ! ».

Plus tard, peut-être en maternelle, c’est une production plus mature qui est attendue. L’enfant ne sera plus (ou moins) récompensé pour une production approximative, mais davantage pour un rond plus correct.

Encore plus tard, en primaire, au collège, c’est un rond quasi parfait qui est attendu et valorisé.

Ces différentes approximations successives, s’approchant progressivement du comportement cible attendu, sont valorisées, félicitées, récompensées différemment selon l’âge, au fur et à mesure de l’avancement de la scolarité.

  • Exemple 2

Le comportement cible, que l’on souhaite voir émerger chez l’enfant avec autisme, et se maintenir, est « dire le mot gâteau en regardant son interlocuteur pour demander un gâteau ».

L’interlocuteur, face à l’enfant qui désire un gâteau, en tient un petit morceau près de son visage, et dit « gâteau ».

Les approximations successives du comportement cible pourraient être, progressivement :

– l’enfant dit « to » sans regarder

– l’enfant dit « ato » sans regarder

– l’enfant dit « ato » et regarde furtivement

– l’enfant dit « ato » et regarde plus longtemps

– l’enfant dit « gâteau » en regardant bien

Ce ne sont ici que les plus grandes étapes, il peut y avoir beaucoup d’intermédiaires. L’idée est de ne donner le gâteau (l’objet de la demande et donc un renforçateur spécifique) que lorsque le comportement émis est meilleur que la fois précédente. Si l’enfant produit un comportement qu’il avait produit antérieurement, c’est soit qu’il n’est plus assez motivé, soit que les exigences sont trop hautes pour lui.

  • Exemple 3

Le comportement cible, chez un enfant en demande constante d’attention, est « pouvoir jouer seul pendant 10 minutes, sans solliciter l’adulte ni crier pour avoir de l’attention ».

L’adulte commence par le laisser seul avec un jeu qu’il aime. Au bout de 10 secondes par exemple, il vient le voir, lui donne de l’attention, participe à son jeu, l’enrichit, lui donne un bisou, puis repart. Il revient ensuite le voir au bout de 20 secondes, 30 secondes. Il augmente progressivement son temps d’absence, et revient toujours voir l’enfant pour lui donner de l’attention, et donc renforcer le comportement de l’enfant qui joue calmement, sans le solliciter ou crier.

L’enfant va donc apprendre progressivement à rester seul plus longtemps. Si, d’emblée, l’adulte l’avait laissé seul 10 minutes, il n’aurait sûrement pas été capable de rester calme. Mais ce comportement peut être façonné, modelé, en renforçant progressivement les comportements qui s’en approche.

Et vous ? Comment utilisez-vous le façonnement ?

Les pré-requis à la communication

Tout d’abord, je dois commencer en disant que pré-requis n’est pas le bon terme, mais je n’en ai pas trouvé d’autres. Il laisse entendre que si les compétences dont je vais vous parler aujourd’hui ne sont pas acquises, la communication ne pourra pas émerger. Ce qui est incorrect bien sûr. Je vais donc détailler ici des compétences, des outils qui sont importants à acquérir, et à travailler s’ils ne sont pas acquis, pour améliorer la communication, la rendre plus efficiente et fonctionnelle, augmenter les interactions, ouvrir la personne avec autisme à son environnement.